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Dimanche 12 novembre 2006 7 12 11 2006 15:32

 

Vendredi 15 décembre à 19 heures, Maison Paulaner  

Voici les références critiques que j'ai utilisées pour définir le concept de "littérature commerciale"

 Daniel Couégnas, Introduction à la paralittérature

 tente de définir un modèle paralittéraire:

+la répétition

+le manichéisme

+la transparence du récit . présence de stéréotypes, résumés, annonces métanarratives)

+le tout signifiant. Pas de description,

+pour fidélisation du public, va marcher en termes de "séries", "cycles"

+prolixité

 

 Pierre Jourde, La littérature sans estomac:

L'auteur révèle les perversions du système éditorial

 Certains textes qui font partie de cette "littérature sans estomac" peuvent figurer dans les rayons de la "littérature exigeante ou inventive"

 Les choix éditoriaux tendent à brouiller les pistes. beaucoup d'ouvrages médiocres sont présentés comme de la vraie littérature.

 On s'arrache le Goncourt, qu'on ne lit pas, ou qu'on offre.

 "Il n'est pas nécessaire que de tels textes soient lisibles, il fait simplement que les livres soient achetés. Le public n'a pas réellement besoin de lire le livre qu'il a acquis : il suffit, par une promotion adroite, de parvenir à la convaincre qu'il est devenu détenteur d'une valeur symbolique, qui se nomme littérature. on s'emploie donc à lui fournir, no pas de la littérature, mais une image de la littérature. Il ya des écrivains pour fabriquer ces textes médiocres qu'éditeurs et journalistes ont habitué le public à considérer comme de la création". p12-13

 Le bavardage autour du texte a plus d'importance que le texte.

 De plus en plus de maisons d'édition vont ainsi de coup en coup, incapables de se consacrer à la gestion d'un fonds à long terme

Le système qui consiste à faire passer un produit pour de la littérature de qualité engendre une esthétique

 

 +la question du genre:

 Ce qui marche, ce sont les formes de représentation plus ou moins dérivées du réalisme:

-la psychologie d'alcôve (roman de divorces et d'adultères, problèmes de couples

-le roman exotique ou historique (le réalisme se confond avec le floklore, la personne, l'espace, le temps sont des réserves d'exotisme)

 +la question du style:

 -la confession sincère et brutale

-l'écriture blanche = minimalisme lexical et rhétorique

-l'écriture rouge = syntaxe complexe; métaphore flamboyantes

 Les gens veulent du réel. Ce serait une garantie de consistance.

 "Une bonne part de la littérature contemporaine fonctionne donc de cette manière paradoxale : les éditeurs donnent une existence artificielle et fugitive à des ouvrages écrits selon des procédés conventionnels, mais dont la valeur repose sur la notion d'authenticité.

 "Une oeuvre est de qualité quand l'écrivain confronte le banal et l'étrange jusqu'à ce qu'ils se condfeondent En d'autres termes, un écrivain véritable considère le fait d'écrire, non comme un acte détenant une valeur en soi, mais comme un problème" p37

 le cliché présenté comme une trouvaille

 

 Ci-joint un article intéressant de Pierre Assouline qui permet de réfléchir en profondeur sur la question:

L’axe Dickens-Rowling par Pierre Assouline

Des centaines voire des milliers de lecteurs qui font la queue à l’entrée des librairies pour s’arracher le nouveau livre de leur auteur favori. Une intrigue qui reste secrète jusqu’au dernier moment. Des soirées spéciales organisées à cet effet. Des lectures publiques réunissant un nombre considérable de fans. Un écrivain adulé comme jamais un romancier ne l’est de son vivant. Cela vous rappelle quelque chose ? La parution de chaque nouvel épisode des aventures de Harry Potter, bien sûr. Mais pas seulement.
Il y a un précédent : Dickens.
Je sais, je sais, alors précisons d’emblée afin d’éviter tout malentendu : je ne place pas J.K.Rowling et Charles Dickens au même niveau. Cela dit sans mépris pour la première. J’admire ce qu’elle a réussi sur plusieurs plans : créer un monde, amener nombre de jeunes à la lecture, faire entrer dans les librairies des gens qui n’y allaient pas … Et, tout de même, faire lire au-delà du raisonnable. Dickens, lui, figure dans mon panthéon privé au même titre que les plus grands. Rares sont ceux qui ont su depuis raconter des histoires aussi bien que lui, ce qui s’appelle raconter. Du grand art. Universel bien sûr, mais qui perdure et nous touche encore quoique son personnage principal (Londres) ne soit plus ce qu’il était. C’est son génie et sa grandeur, par rapport à ses éternels rivaux considérés comme plus "littéraires" et sophistiqués, Anthony Trollope et W.M. Thackeray.
Oublions même que Dickens et Rowling sont censés s’adresser à cette entité rarement homogène qu’on appelle lespetitzélégrands et qu’ils excellent dans cet improbable grand écart.
Non, ce qui me frappe, ce sont les similitudes dans l’attente de leur public. Même palpitations du coeur, même désir ardent, même ferveur. On dira que d’un siècle à l’autre, le marketing est aussi passé par là. Il n’empêche. En observant la pottermania se déchaîner aujourd’hui en Angleterre (entre autres), le jour même où Amazon.com fête ses dix ans (une coïncidence qui fait sens), je pense aux milliers de lecteurs de Dickens guettant leur grand homme au port de retour de ses grandes tournées en Amérique, s’arrachant les journaux qui publiaient en feuilleton Le magasin d’antiquités et De grandes espérances, échangeant leurs larmes au pub en découvrant le destin de la petite Dorrit et considérant qu’eux-mêmes et leur famille étaiient en deuil le jour de sa mort.
A près tout, Rowling est peut-être la Dickens de notre temps. L’époque a les Dickens qu’elle mérite.

16 juillet 2005 Publié Actualité, La vie littéraire | Lien permanent

 

 

 

 

Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 10 2006 22:30

Vendredi 10 novembre à 19 heures, Maison paulaner

Café Livre autour de l'écrivain autrichien STEFAN ZWEIG.

Il suffit de lire un ou plusieurs récits et l'on en parle!

 

 

 

 

 

 

 SA VIE

 

a)Vienne

 

     Né à Vienne en 1881, fils d'un riche industriel israélite, Stefan Zweig put mener ses études en toute liberté, n'écoutant que son goût qui l'inclinait à la fois vers la littérature, la philosophie et l'histoire. L'atmosphère cosmopolite de la Vienne impériale favorisa chez le jeune Zweig la curiosité du vaste monde, curiosité qui se transforma vite en boulimie, le poussant vers toutes les premières théâtrales.

Néanmoins, Stefan Zweig ne se sentit jamais à l'aise dans cette société répressive et victorienne où l'on ne cherchait qu'à brider la jeunesse, à réprimer les sentiment des individus.

Il soutint sa thèse sur Taine, voyagea et écrivit abodamment.. C'était un être attaché à son indépendance, assez égoïste et constamment tourmenté.

 

 

b)La littérature et les voyages

 

     Il connut le succès littéraire et vécut dans une grande aisance matérielle. En 1904, il alla à Paris, où il séjourna à plusieurs reprises et se lia d'amitié avec Jules Romains. Infatigable voyageur, toujours en quête de nouvelles cultures, il rendit ensuite visite, en Belgique, à Emile Verhaeren , dont il deviendrait l'ami intime, le traducteur et le biographe. Il vécut à Rome, à Florence, où il rencontra Ellen Key, la célèbre authoress suédoise, en Provence, en Espagne, en Afrique. Zweig visita l'Angleterre, parcourut les Etats-Unis, le Canada, Cuba, le Mexique. Il passa un an aux Indes. Les multiples voyages de Zweig devaient forcément développer en lui l'amour que dès son adolescence il ressentait pour les lettres étrangères, et surtout pour les lettres françaises. Cet amour, qui se transforma par la suite en un véritable culte, il le manifesta par des traductions remarquables de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, de son ami Verhaeren, dont il fit connaître en Europe centrale les vers puissants et les pièces de théâtre, de Suarès, de Romain Rolland, sur qui il fut l'un des premiers, sinon le premier, à attirer l'attention des pays de langue allemande et qui eut sur lui une influence morale considérable

 

c)sa position idéologique

 

Au début de la première guerre, Zweig rentre en Autriche avec l'intention d'être mobilisé. L'armée le jugea inapte pour le front. Mais, comme son ami Romain Rolland en France, il ne put se résigner à sacrifier aux nationalismes déchaînés la réalité supérieure de la culture par-dessus les frontières. Ardent pacifiste, il fut profondément marqué, ulcéré par cette guerre Il explique tout cela avec ferveur dans "Le Monde d'Hier". Zweig fut toute sa vie un personnage socialement assez bizarre, souvent tenté par le nihilisme.

 

d)Hitler arrive... Zweig part.

 

Hitler et ses nazis s'étaient emparés du pouvoir en Allemagne, et les violences contre les réfractaires s'y multipliaient. Bientôt l'Autriche, déjà à demi nazifiée, serait envahie. Dès 1933, à Munich et dans d'autres villes, les livres du "juif" Zweig étaient brûlés en autodafé. Zweig voyait avec désespoir revenir les mêmes forces brutales et destructrices que lors de la 1ère Guerre Mondiale, sous la forme, pire encore, du nazisme. En 1934, il partit en Angleterre, à Bath. Ce départ suscite d'ailleurs bien des polémiques chez les biographes de Stefan Zweig. Certains soutiennent l'hypothèse très plausible qu'il partit en exil devant l'imminence de la guerre et la montée de l'antisémitisme, tandis que d'autres affirment qu'il est simplement parti approfondir sa recherche sur Marie Stuart, dont il écrivait la biographie.

Mais depuis l'abandon de sa demeure salzbourgeoise son âme inquiète ne lui laissait plus de repos. Il parcourt de nouveau l'Amérique du Nord, se rend au Brésil, fait de courts séjours en France, en Autriche, où les nazis tourmentent sa mère qui se meurt... Et la guerre éclate. Déjà en 1940, lorsqu'il préparait une conférence sur sa Vienne tant aimée, il avoua à Alzir Hella : "Vous serez battus". Zweig voit répandues sur l'Europe les ténèbres épaisses qu'il appréhendait tant. Il quitte définitivement l'Angleterre et gagne les Etats-Unis, où il pense se fixer. L'inquiétude morale qui le ronge a sapé en lui toute stabilité. Le 15 août 1941, il s'embarque pour le Brésil et s'établit à Pétropolis où il espère encore trouver la paix de l'esprit. En vain.

 

e) Les succès littéraires

 

Il fut de son vivant l'un des auteurs les plus lus et les plus traduits de son temps. Comment expliquer cette popularité?

+la brièveté de ses récits

+la vulgarisation de ses biographies

+son désir d'être lu et compris de tous

"Son style n'avait rien de relâché, il était élégant, et ses métaphores l'élèvent au-dessus du cliché qu'affectionne d'ordinaire la littérature populaire."

 

 

 

                                      CE QUI A ETE DIT SUR LES RECITS DE ZWEIG

 

Le monde d'hier. souvenirs d'un Européen. , Stefan Zweig

. , Stefan Zweig

 

    Pour Zweig, la première guerre mondiale a fait chavirer un siècle dans un autre, a initié une période de crises, de bouleversements, d'insécurité. cette guerre entraîne également une crise d'identité avec la patrie de l'auteur, car elle remet en question la place du juif en Autriche et en Allemagne:

 

"Alors, le 28 juin 1914, retentit à Sarajevo ce coup de feu qui, en une seconde, fit voler en mille éclats, comme un vase de terre creux, ce monde de la sécurité et de la raison créatrice dans lequel nous avions été élevés, dans lequel nous avions grandi, et où nous nous sentions chez nous". p254

 

Pour lui, la montée d'Hitler, son populisme et et son racisme mettent en branle tout ce pour quoi il s'était battu :

 

"Tout autre lien, tout ce qui avait été, tout ce qui avait existé, était déchiré et brisé, et je savais que tout, après cette guerre, serait nécessairement, une fois encore, un recommencement. car ma tâche la plus intime, à laquelle j'avais consacré pendant quarante ans toute la force de ma conviction, la fédération paccifique de l'Europe, était anéantie."

 

 Le joueur d'échecs

 

    Les participants du Café Livre ont apprécié le talent de Zweig pour traiterde la capacité de l'esprit humain à trouver une échappatoire pour résister, pour survivre. Le narrateur dit à propos de Czentovic :

 

" Les monomaniaques de tout poil, les gens qui sont possédés par une seule idée m'ont toujours spécialement intrigué, car plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l'infini." p20

 

Les participants se sont également rendu compte qu'une lecture historique et biographique s'imposait; Certains ont considéré l'échiquier et le jeu d'échecs comme l'allégorie de la seconde guerre mondiale. Czentovic, "machine à gagner" incarnerait le nazisme qui l'emportait sur les autres pays. Rappelons que Zweig s'est suicidé de peur qu'Htler envahisse l'Europe entière, et que Le joueur d'échecs fut écrit peu avant sa mort.

 

La confusion des sentiments

 

 

+critique de l'université qui réprime les sens pour ne cultiver que l'intellect. Le narrateur compare l'université à "une morgue pour cadavres de l'esprit". p10. le corps y est négligé. Roland avoue d'ailleurs que sa santé se dégrade et qu'il a besoin de se dépenser physiquement (p68)

 

+critique de la société normalisante, patriarcale et homophobe. L'homosexualité est considérée comme une déviance. Elle est marginalisée. Le professeur assouvit sa sexualité dans les bas fonds de berlin, où les jeunes hommes prostitués et crapules de tous genres errent et le font chanter

 

+Le texte joue sur le constraste : contraste entre le professeur et sa femme, entre les étudiants et les jeunes prostitués, comme pour révéler une vie parallèle, deux sociétés, "un malaise dans la Civilisation":

 

Alors il partait toujours pour une grande ville où il trouvait, en quelque endroit écarté, des complices, des individus de basse condition, dont le contact était une souillure, une jeunesse tombée dans la protitution, au lieu de celle qui s'en remettait respectueusement à lui p120

 

+aspect freudien

 

Le professeur chéri diffère des autres en ce sens que ses moments de transe galvanisent les étudiants. Il vit de fait ce qu'il raconte:

 

une puissante inspiration arrachait magnifiquement la parole à la méthode scientifique pour transformer la pensée en poème. p65

 

On apprendra plus tard que c'est une façon pour lui de sublimer sa sexualité.

Quand Roland devient le secrétaire particulier et scribe de son professeur, il éprouve un ecratin plaisir à l'imiter, à relire les phrases du professeur, comme si, en établissant ainsi une polyphonie, il parvenait à s'unir à lui

 

Et ensuite je m'en rendais compte : en relisant, je scandais et imitais son intonation avec tant de fidélité et tant de ressemblance qu'on eût dit que c'était lui qui parlait en moi, et non pas moi-même. Tellement j'étais déjà devenu la résonance de son être. l'écho de sa parole 66

 

Cette union verbale est le substitut de l'union charnelle:

 

Et j'accueillais en moi cette voix qui montait, chaude, enflammée et pénétrante, je frémissais douloureusement, comme une femme reçoit un homme dans son être p125

 

 

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

 

a)lutte acharnée entre la morale et la pulsion

 

Discussion entre les hôtes et le narrateur

Les hôtes représentent la certitude la morale, les valeurs sures et la tradition, la répression des pulsions ; tandis que le narrateur se fait la voix de la pulsion, du sentiment, de l'immoralité:

Pour ma part, je trouvais plus honnête qu'une femme suivît librement et passionnément son instinct, au lieu, comme c'est généralement le cas, de tromper son mari en fermant les yeux quand elle est dans ses bras.p24"

 

La vieille femme = incarnation de la lutte entre l'expression de la pulsion et la répression de sa pulsion:

 

"Cette femme a vu en l'autre la projection de ce qu'elle était : la lutte entre la passion pour le jeu et sa piété. Il incarne l'opposé " p81

 

 

"La seule chose qui dans son récit m'émouvait et me terrifiait au plus haut point, c'était cet asservissement d'un homme jeune, serein et insouciant par nature, à une passion insensée". p93

 

b)freudisme:

 

+la confession de la vieille femme au jeune homme de ce qu'elle a vécu rappelle l'analyse dont parle Freud. Elle désire être guérie de l'histoire qui la tourmente:

 

Mais on ne peut pas se débarraser de ce que nous appelons, d'une expression très incertaine, la conscience ; et lorsque je vous ai entendu examiner si objectivement le cas henriette, j'ai pensé que peut-être cette façon absurde de me tourner vers le passé et cette incessante accusation de moi-même par moi-même prendariant fin si je pouvais me décider à parler librement devant quelqu'un, de ce jour unique dans ma vie. p36-37

 

La parole est salvatrice car elle permet de révéler et reconnaître son désir le plus profond p104-105. Elle pardonne à cet homme et se pardonne cette incartade, car elle la reconnaît comme faisant partie de son histoire:

 

et alors j'ai pensé que peut-être, en libérant mon âme par l'aveu, le lours fardeau et l'éternelle obsession du passé disparaîtraient et que, demain, il me serait peut-être possible de revenir là-bas et de pénétrer dans la salleoù j'ai rencontré ma destinée, sans avoir de haine ni pour lui, ni pour moi. p126

 

 

 

Les points communs entre les récits

 

 

+combat entre la morale et la pulsion

 

+l'intellectualisation (répression des pulsions) permet à certains héros de ne pas chavirer

 

+critique d'une société normative

 

+des personnages qui, à un moment de leur vie, basculent dans la pulsion, l'adoration, la folie

 

=brèche ouverte qui permet à l'auteur d'écrire

écart entre ce que l'on attend d'eux, et ce qu'ils font

l'être et la société =

 

L'espace scriptural prend sa source dans cet écart.

 

 

 

Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 10 2006 21:36
 samedi 14 octobre à 18 heures 
Café Livre consacré à l'adaptation au cinéma du roman de Patrick Süskind, Le Parfum.

                                       En quoi Le Parfum est-il un texte intéressant?

 

 

   Le débat sur Le parfum a principalement tourné autour de la qualité du texte. Certains ont loué "la force de l'écriture métaphorique", qui donnait du corps aux impressions olfactives. D'autres ont affirmé que l'intérêt du texte ne résidait pas dans les odeurs, mais bien dans l'élaboration et l'évolution du protagoniste Jean-Baptiste Grenouille. D'ailleurs, une personne a souligné que l'écriture de Süskind s'inscrivait plutôt dans la métonymie que dans la métaphore. car l'auteur évoque des odeurs pour parler de Grenouille, comme il traite de la contrebasse pour parler d'une femme (roman de Süskind.

     L'onomastique fait du protagoniste un être qui oscille entre l'animal et le saint. Qui plus est, le don de sentir et d'enregistrer toutes les odeurs le rend atypique. La figure du monstre se dégage donc dès les premières lignes. Jean-baptiste est dépourvu d'odeur, ce qui annonce sa quête d'identité, car l'odeur humanise. C'est la raison pour laquelle il se met à la recherche d'odeurs, qu'il veut posséder afin de devenir quelqu'un. D'où le paradoxe : plus il tue, plus il s'humanise. En voulant abandonner son aspect monstrueux, il ne fait que l'exacerber.

   Après avoir rempli sa fiole de toutes les odeurs de ses victimes, il se rend compte que les hommes n'aimeront que son parfum et ne feront pas attention à lui comme être. Le parfum remplit de fait la fonction d'habillage, de masque qui lui permet d'arriver à ses fins et d'échapper à la mort. Or la prise de conscience de son absence d'odeur lui rappelle sa triste condition de monstre humain. Ainsi  préfère-t-il mourir.

 

"car enfin il était masqué du meilleur parfum du monde, et sous ce masque il ne portait pas de visage, mais uniquement sa totale absence d'odeur.. Alors il eut soudain la nausée" p266

 

"Et quand bien même son parfum le ferait apparaître comme un dieu aux yeux du monde, s'il ne pouvait se sentir lui-même et si donc jamais il ne savait qui,il était, alors il s'en fichait : il se fichait du monde, de lui-même, de son parfum" p276

 

    Certains ont considéré le parfum comme une réflexion philosophique sur l'être et le paraître. Le paraître étant le parfum, Grenouille tente de se connaître à travers les différentes odeurs qu'il utilise. Or son don va se retourner contre lui. En ce qui concerne la dimension littéraire,  on peut considérer le travail sur la composition des odeurs comme la métaphore même de la création littéraire. Les odeurs seraient considérées comme les mots qui, assemblés selon l'alchimie syntaxique, créeraient des phrases, un Parfum, Le Parfum :

 

"C'était comme s'il avait appris tout seul et possédait un gigantesque vocabulaire d'odeurs, lui permettant de construire une quasi-infinité de phrases olfactives nouvelles"

 

"Il ne sentait pas seulement l'ensemble de ce mélange odorant, il le disséquait analytiquement en ses éléments et ses particules les plus subtils et les plus infimes. Son nez fin démêlait l'écheveau de ces vapeurs et de ces puanteurs fondamentales qu'on ne pouvait pas analyser plus avant. C'était pour lui un plaisir ineffable que de saisir ces fils et de les filer". p 39

 

 

Notes de lecture et citations:

(source : livre de poche)

 

 

"Et tous ignoreraient que ce n'est pas à son aspect qu'ils succombent en vérité, non pas à la prétendue perfection de sa beauté apparente, mais à son incomparable, à son magnifique parfum! Lui seul le saurait, lui, grenouille, lui seul. il le savait déjà! p190

 

Il est atteint du complexe de Prométhée.

 

"Il était plus grand encore que prométhée. il s'était créé une aura plus radieuse et plus efficace que personne n'en avait possédé avant lui. Et il ne la devait à personne, à aucun père, à aucune mère (...) il ne la devait à personne qu'à lui-même. Il était de fait son propre dieu, et un dieu plus glorieux que ce dieu puant l'encens qui habitait les églises".

 

 

+LE NARRATEUR LE DIABOLISE

 

Le narrateur parle dès le début du désir  de vivre qui est lié chez Grenouille à un désir de méchanceté

 

"C'était un cri délibéré, qu'on dirait pour un peu mûrement délibéré et par lequel le nouveau-né avait pris parti contre l'amour et pourtant pour la vie (...) s'il avait choisi la vie, ç'avait été par pure défi et par pure méchanceté". p25

 

N'oublions pas également que grenouille envoie par son cri sa mère à l'échafaud. De plus, la nourrice, le tanneur et le parfumeur meurent après l'avoir connu .

 

Il apparaît en vampire. Il incorpore l'odeur de sa victime.

 

"apprenti-sorcier" p103

 

mégalomanie

 

Il s'enivre du puvoir de dominer les hommes par son parfum (208), mais ce qu'il veut, c'est le pouvoir de l'amour

 

"Ce qu'il désirait, c'était l'odeur de certains êtres humains : à savoir de ces êtres rarissimes qui inspirent l'amour. C'étaient eux ses victimes". 209

 

 

 

 

 

 

 
Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 09 2006 23:16

CAFE LIVRE

 

 Un livre peut-il changer le

 

 

 

 

 (à l’occasion des 70 ans du Front Populaire)

 Animé par Olivier Cardineau

 

Rendez-vous le VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2006,

à 19 heures, à la MAISON PAULANER, 04, rue de Lyon.

 

 

1) Contexte politique en 1936

 

Les causes du Front populaire:

+crise qui dure depuis 1929

+la gauche et la droite se radicalisent. l'Allemagne est devenue naziste. l'Italie fasciste. En France, le le pays se coupe en 2 blocs qui se détestent. Le "Mouvement Social Français" du colonel de La Roque revendique cette année-là près de deux millions d'adhérents. A gauche, la crainte du fasccisme suscite le front populaire

 

+Un printemps de grève. Un été sur la plage

 

Le front populaire triomphe aux élections législatives. Mais, après le bel été, la question de l'intervention en Espagne dsiloque le Front populaire.

 

En 1936, Gide rapporte d'Union sociétique un reportage désillusionné

 

2) Le contexte intellectuel en 1936:

 

+Pression idéologique sur les écrivains de l'époque. La crise de 29, la destruction de l'ordre issu du Traité de Versailles, la montée du nazisme, engagent de nombreux intellectuels à choisir leur camp comme à l'époque de l'Affaire Dreyfus

 +Les années précédentes la seconde guerre mondiale voient fleurir des ligues, des associations, des congrès qui rassemblent des sympathisants pro ou anti fascistes. (Daniel halévy, Gide, Emmanuel Berl, henri Massis, breton, Malraux, Pierre Drieu la Rochelle, Simone Weil, henry de Montherlant).

 +Le système scolaire et l'institution universitaire sont souvent remis en cause par les écrivains de gauche qui incitent le prolétariat à construire sa propre culture en opposition et en rupture avec celle des capitalistes


3) Le contexte littéraire en 1936:

+L'essai et le roman révolutionnaire vulgrisent le point de vue marxiste. Emmanuel Berl (Mort de la pensée bourgeoise, 1929) et Paul Nizan (Les chiens de garde, 1932) dénoncent la littérature bourgeoise comme mystificatrice.

 

+Les trois grands ensembles romanesques des années 30, conçus par Martin du Gard, Jules Romains et Georges Duhamel visent la plus large diffusion parmi la classe bourgeoise, qu'ils remettent pourtant largement en question. Ces romanciers participent à un vaste effort de conscientisation de la catégorie sociale dont, en fait, tout dépend. L'avenir est lié à la conception que la bourgeoisie se fera de son rôle historique, de sa responsabilité. Les plus importants romans de cette période sont inspirés par un sens très vif des transformations sociales.

 

+Les romans de la rue

 Toutefois, les "sommes romanesques" des années trente se sont davantage attachées à l'évocation du milieu bourgeois qu'à la description du prolétariat. Francis Carco, Eugène dabit, Louis Guilloux sont des romanciers "populistes" qui veulent en terminer avec la comédie littéraire parisienne de même qu'avec l'introspection. Ces écrivains se méfient de l'intrigue romanesque à laquelle ils préfèrent la tranche de vie. Ils montrent plutôt qu'ils n'expliquent.

 

4) Les figures littéraires de l'époque:

:  

Paul Eluard s'oriente à partir de 1936 vers un militantisem actif : lutte contre le fascisme, adhésion au Parti communiste en 1942

s'oriente à partir de 1936 vers un militantisem actif : lutte contre le fascisme, adhésion au Parti communiste en 1942

 

Aragon s'engage dans les rangs du Parti Communiste. le fossé idéologique entre Aragon et Breton ne cessent de croître. C'est la rupture en 1931 autour du débat portant sur le rapport de la fonction poétique et du militantisme révolutionnaire

s'engage dans les rangs du Parti Communiste. le fossé idéologique entre Aragon et Breton ne cessent de croître. C'est la rupture en 1931 autour du débat portant sur le rapport de la fonction poétique et du militantisme révolutionnaire

Louis Guilloux:

+disciple de Vallès

+fils d'un militant socialiste, il se mêle fort jeune aux luttes populaires

+il refuse d'entrer au Parti communiste, mais soutient la lutte antifasciste, en 1935 en acceptant d'être le secrétaire du premier congrès mondial des écrivains antifascistes

 

Eugène Dabit:

+a été élevé dans une famille ouvrière. Lui m^me a été apprenti ferronnier d'art, électricien du métro nord-sude

 

Malraux:

++il exalte la volonté de puissance par l'action, geste de domination et de liberté face à la souffrance et à la mort.

+il dénonça le totalitarisme nazi dans Le temps du mépri (1935) et le fascisme espagnol dans L'espoir, témoignage de son engagement auprès des espagnols durant la guerre civile, mais plus encore affirmation renouvelée que l'homme se définit par ce qu'il fait et non par ce qu'il rêve.. Transformer l'expérience en conscience.

 

Simone Weil:

+normalienne, agrégégée de philosophie.

ouvrière chez renault

+s'engagea dans les Brigades Internationales

+ouvrière agricole

+disciple d'Alain

+mysticisme.

 

5)Questionnaire:

 

Un livre peut-il changer le monde?

1)Sur le monde

+Le nôtre? Celui du lecteur? Le monde fictionnel de l'auteur?

+Pourquoi vouloir le changer?

 

2)Pourquoi le livre?

+Le livre serait-il un moyen efficace pour changer le monde?

+Quel type de livre? Roman? essai?

+Comment expliquer alors l'impact de l'écriture sur l'individu?

 

4) Quel auteur voudrait-il changer le monde?

+Un livre doit-il forcément être écrit par un auteur engagé pour changer le monde?

 

5)Quels sont les pouvoirs du livre?

+Un livre peut-il changer la politique d'un pays?

+Un livre peut-il être à l'origine d'un projet de loi?

+Peut-il changer les mentalités?Les comportements?

 

6)Et le lecteur? Quel rôle joue-t-il?

+N'est-ce pas plutôt l'homme qui, à travers les livres lus, change le monde?

 

7)Est-il souhaitable que le livre change le monde?

+N'y a-t-il pas d'autres moyens?

+Quelle rôle joue la culture dans le un rassemblement populaire, une révolte, une révolution. (68, par exemple).

 

8)Comment définit-on la littérature engagée?

Est-elle si efficace?

Un écrivain ne peut-il pas se sentir dépasser par son livre sans être lui-m^me engagé

N'est-ce pas plutôt le lecteur qui s'engage?

 

6)Bases théoriques

Qu'est-ce que la littérature engagée?

 

"Acte ou attitude de l'intellectuel, de l'artiste qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à une position de simple spectateur et met sa pensée ou son art au service d'une cause" (Petit Robert)

 

Notion de contrat. L'écrivain engagé est celui qui a pris explicitement une série d'engagements par rapport à la collectivité, qui s'est en quelque sorte lié à elle par une promesse

 

Engager la littérature, c'est l'inscrire dans un processus qui la dépasse, la faire servir à quelque chose d'autre qu'ell-même.

 

C'est la présence totale de l'écrivain à l'écriture. Il n'écrit plus pour le "public réel" mais pour le "public virtuel" : il désacralise ainsi le fait littéraire

 

Pour sartre, "dire les choses, c'est vouloir les changer ; parler ou écrire, c'est agir sur le monde"

 

Barthes estime que le désengagement de l'écrivain est en fait la forme la plus authentique de l'engagement littéraire : non pas dénoncer une réalité mais en inventer une pour mieux l'interroger et faire peser un questionnement sans réponse.

Pour lui, la littérature parle obliquement, dit les choses à demi-mots, maintenant une ambiguïté ou un flottement du sens qui en fait une machine à interroger indéfiniment le monde et les signes.

 

 Exemples de livres

 

Le Prince, lma Bible, Le Coran, des témoigfnages (Humbert, la dernière leçon), les romans utopiques, les écrits de Fourier,

 

 Citations

 Pour sartre, "dire les choses, c'est vouloir les changer ; parler ou écrire, c'est agir sur le monde"

 Pour Malraux, l'homme se définit par ce qu'il fait et non par ce qu'il rêve.. Transformer l'expérience en conscience.

 

1° Discours du maréchal Pétain, 20 juin 1940
Français !
J'ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités. […] J'ai pris cette décision, dure au cœur d'un soldat, parce que la situation militaire l'imposait. […]
Moins forts qu'il y a 22 ans, nous avions aussi moins d'amis. Trop peu d'enfants, trop peu d'armes, trop peu d'alliés, voilà les causes de la défaite. […] Nous tirerons la leçon des batailles perdues. Depuis la victoire, l'esprit de jouissance l'a emporté sur l'esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu'on a servi. On a voulu épargner l'effort ; on rencontre aujourd'hui le malheur. […]

 

 

 

 

monde?

Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 09 2006 23:11

Le  30 juin 2006

 

C'était tellement bien que nous n'avons pas pu prendre de notes....

Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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