Concours

Recommander

Mercredi 20 septembre 2006

                                       Quelle place prend l'auteur dans vos choix de lecture?

Le 28 avril 2006 au Café français, à 19 heures


1)Vous choisissez de lire un livre parce que...

-vous avez déjà lu les livres de l'auteur en question?
-un ami vous a parlé de l'auteur?
-les médias en ont parlé?
-vous avez entendu l'auteur faire de la promotion sur son livre?
-vous aimez bien l'auteur (son physique, ses idées, son engagement)?



2)Vous est-il déjà arrivé de lire un certain nombre de livres du même auteur?


-Qu'y recherchez-vous? Un certain confort de lecture? Une ambiance que vous retrouvez
à chaque livre? Un style particulier? Un thème précis?
-Avez-vous déjà été déçu en lisant plusieurs livres du même auteur?
-Cette fidélisation à l'auteur est-elle valable pour n'importe quel genre (histoire, philosophie...)?

3)Peut-on se passer de l'auteur?

-Ne croyez-vous pas que les médias et les éditeurs utilisent l'image de l'auteur à des fins commerciales?
-Vous est-il déjà arrivé de tomber dans le piège?
-Croyez-vous que l'importance donnée à l'auteur varie selon la qualité du texte qu'il a écrit?

-Un texte pauvre a-t-il plus besoin de la présence de l'auteur qu'un texte riche?


                                        RESUME DU CAFE LIVRE DU 28 AVRIL

     Lors de la séance consacrée à la place de l'auteur dans nos choix de lecture, les participants ont commencé par souligner l'influence des médias. Une lectrice a évoqué un reportage diffusé à la télévision sur la vie de James Ellroy. Ce fut pour elle l'occasion de découvrir l'existence et la vie de l'écrivain du Dahlia noir. James Alroy est à présent un auteur qu'elle affectionne. L'émission littéraire a également été citée comme un moyen de mettre l'auteur en avant et d'inviter le lecteur à acheter son livre. Elle se présente soit sous la forme d'un débat (Le Masque et la plume), soit sous celle d'un entretien avec un auteur invité. Une lectrice nous a confié qu'à une certaine époque elle écoutait avec grand intérêt l'émission de Jean-Luc Hesse sur France Inter, ce qui lui permettait de découvrir un certain nombre d'écrivains. Pour un autre, ce fut l'émission de Bernard Pivot, Apostrophe, qui sélectionnait les livres dignes d'intérêt parmi la quantité de livres publiés, le guidant ainsi dans ses lectures.
Il n'en reste pas moins que la médiatisation des auteurs peut rassurer comme repousser les lecteurs. Ainsi, certains préfèrent s'adresser directement à leur libraire, personne "de proximité", connue pour ses goûts littéraires, ou parce que lui même connaît les goûts de ses clients les plus fidèles.
Dans les exemples que nous venons de voir, c'est l'auteur qui amène le lecteur vers son livre, soit parce qu'il a parlé de son livre, soit parce qu'il plaît. Le cas de Houellbeck est intéressant, car c'est un produit médiatique qui est devenu un objet littéraire. Certains lecteurs disent cependant se méfier des auteurs médiatisés. Welbek est un "personnage" intéressant, mais son oeuvre ne l'est pas, selon certaines personnes.

       Il se peut également que ce soit le livre qui invite à connaître son auteur , soit parce que figurent dans le texte des éléments qui semblent autobiographiques, soit par simple curiosité. Une personne a ajouté que quand on a aimé un livre, on désire connaître l'homme qui se cache derrière, histoire de mettre une "tête" sur un "nom". C'est sans doute la raison pour laquelle les éditeurs ne rechignent pas à montrer le visage de leurs auteurs en les faisant apparaître sur la quatrième page de couverture, sur les pages liminaires du livre ou sur des affiches publicitaires afin d'accroître la vente de leurs livres.
Pour certains lecteurs, la connaissance de la vie des auteurs est "un plus" pour comprendre leurs oeuvres. Tous les auteurs laissent une part d'eux mêmes dans leurs livres. Un lecteur de bandes dessinées a souligné le "charlatanisme" qui caractérisait les derniers exemplaires d'Astérix, créés et publiés après la mort de son auteur. Depuis que Gosciny est décédé, les derniers albums n'ont rien à voir avec les précédents. On tente de reprendre les mêmes ingrédients, mais cela ne marche pas. L'esprit "Gosciny" n'y est pas!
        L'auteur marque le livre de son "empreinte", de sa "patte", de son "esprit". Mais, ne serait-ce pas le lecteur qui, dans sa soif de réalité, de véracité, verrait la présence de l'auteur à travers le texte? A propos de Céline, une personne est intervenue pour rappeler que l'on pouvait mépriser le personnage pour ses idées politiques mais que cela ne devait pas empêcher d'admirer le talent de l'écrivain. Alors, a quoi bon connaître la vie de l'auteur?
D'ailleurs, l'auteur ne publie pas forcément ses romans sous son nom de famille. Choisir un pseudonyme est déjà pour le critique littéraire Genette un trait de l'écriture de l'écrivain en ce sens que le choix du pseudonyme n'est pas anodin. Un lecteur a évoqué le cas de Romain Gary qui a publié La vie devant soi sous le nom d'Emile Ajar. Ce pseudonyme a permis à cet auteur d'avoir pour la deuxième fois le prix Goncourt, sorte de pied de nez adressé à l'institution.

         La rencontre inopinée et foudroyante avec un auteur semble être pourtant le détonateur qui va inciter le lecteur à se procurer les autres ouvrages du même auteur, voulant recréer à chaque fois les conditions de cette rencontre. L'Alchimiste de Paul Coehlo a fait l'objet d'un coup de foudre. La lectrice a par la suite lu d'autres romans de l'auteur brésilien pour retrouver le même plaisir. Car, selon elle, on y retrouve "la patte", la sensibilité et la façon d'écrire.
Des voix discordantes se sont fait entendre pour dénoncer la fadeur qui émane de certaines "pattes", considérées comme répétitives. Certains se sont même attaqués à de grands auteurs. Ainsi, un participant avoue avoir éprouvé un sentiment de saturation en lisant les livres qui ont suivi Voyage au bout de la nuit de Céline. Cette même personne avait l'impression de lire du "Céline", comme si les autres textes n'étaient que la reproduction plus ou moins fidèle du premier.
La séance s'est terminée sur un constat. Même si l'auteur "se fait un nom" quand il est populaire, reconnu par l'institution ou l'intelligentsia, il devient pour le lecteur "une valeur sûre" lorsqu'il ne déçoit pas .


Livres cités:

Ellroy James Le Dahlia noir
Miller G?rard
Houellbeck, Particules élémentaires
Werber, Les fourmis
Paul Coehlo, L'Alchimiste
Picouli Daniel
Ajar Emile (Gary Romain) La vie devant soi

Bonne lecture!


Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus