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Dimanche 12 novembre 2006

 

Vendredi 15 décembre à 19 heures, Maison Paulaner  

Voici les références critiques que j'ai utilisées pour définir le concept de "littérature commerciale"

 Daniel Couégnas, Introduction à la paralittérature

 tente de définir un modèle paralittéraire:

+la répétition

+le manichéisme

+la transparence du récit . présence de stéréotypes, résumés, annonces métanarratives)

+le tout signifiant. Pas de description,

+pour fidélisation du public, va marcher en termes de "séries", "cycles"

+prolixité

 

 Pierre Jourde, La littérature sans estomac:

L'auteur révèle les perversions du système éditorial

 Certains textes qui font partie de cette "littérature sans estomac" peuvent figurer dans les rayons de la "littérature exigeante ou inventive"

 Les choix éditoriaux tendent à brouiller les pistes. beaucoup d'ouvrages médiocres sont présentés comme de la vraie littérature.

 On s'arrache le Goncourt, qu'on ne lit pas, ou qu'on offre.

 "Il n'est pas nécessaire que de tels textes soient lisibles, il fait simplement que les livres soient achetés. Le public n'a pas réellement besoin de lire le livre qu'il a acquis : il suffit, par une promotion adroite, de parvenir à la convaincre qu'il est devenu détenteur d'une valeur symbolique, qui se nomme littérature. on s'emploie donc à lui fournir, no pas de la littérature, mais une image de la littérature. Il ya des écrivains pour fabriquer ces textes médiocres qu'éditeurs et journalistes ont habitué le public à considérer comme de la création". p12-13

 Le bavardage autour du texte a plus d'importance que le texte.

 De plus en plus de maisons d'édition vont ainsi de coup en coup, incapables de se consacrer à la gestion d'un fonds à long terme

Le système qui consiste à faire passer un produit pour de la littérature de qualité engendre une esthétique

 

 +la question du genre:

 Ce qui marche, ce sont les formes de représentation plus ou moins dérivées du réalisme:

-la psychologie d'alcôve (roman de divorces et d'adultères, problèmes de couples

-le roman exotique ou historique (le réalisme se confond avec le floklore, la personne, l'espace, le temps sont des réserves d'exotisme)

 +la question du style:

 -la confession sincère et brutale

-l'écriture blanche = minimalisme lexical et rhétorique

-l'écriture rouge = syntaxe complexe; métaphore flamboyantes

 Les gens veulent du réel. Ce serait une garantie de consistance.

 "Une bonne part de la littérature contemporaine fonctionne donc de cette manière paradoxale : les éditeurs donnent une existence artificielle et fugitive à des ouvrages écrits selon des procédés conventionnels, mais dont la valeur repose sur la notion d'authenticité.

 "Une oeuvre est de qualité quand l'écrivain confronte le banal et l'étrange jusqu'à ce qu'ils se condfeondent En d'autres termes, un écrivain véritable considère le fait d'écrire, non comme un acte détenant une valeur en soi, mais comme un problème" p37

 le cliché présenté comme une trouvaille

 

 Ci-joint un article intéressant de Pierre Assouline qui permet de réfléchir en profondeur sur la question:

L’axe Dickens-Rowling par Pierre Assouline

Des centaines voire des milliers de lecteurs qui font la queue à l’entrée des librairies pour s’arracher le nouveau livre de leur auteur favori. Une intrigue qui reste secrète jusqu’au dernier moment. Des soirées spéciales organisées à cet effet. Des lectures publiques réunissant un nombre considérable de fans. Un écrivain adulé comme jamais un romancier ne l’est de son vivant. Cela vous rappelle quelque chose ? La parution de chaque nouvel épisode des aventures de Harry Potter, bien sûr. Mais pas seulement.
Il y a un précédent : Dickens.
Je sais, je sais, alors précisons d’emblée afin d’éviter tout malentendu : je ne place pas J.K.Rowling et Charles Dickens au même niveau. Cela dit sans mépris pour la première. J’admire ce qu’elle a réussi sur plusieurs plans : créer un monde, amener nombre de jeunes à la lecture, faire entrer dans les librairies des gens qui n’y allaient pas … Et, tout de même, faire lire au-delà du raisonnable. Dickens, lui, figure dans mon panthéon privé au même titre que les plus grands. Rares sont ceux qui ont su depuis raconter des histoires aussi bien que lui, ce qui s’appelle raconter. Du grand art. Universel bien sûr, mais qui perdure et nous touche encore quoique son personnage principal (Londres) ne soit plus ce qu’il était. C’est son génie et sa grandeur, par rapport à ses éternels rivaux considérés comme plus "littéraires" et sophistiqués, Anthony Trollope et W.M. Thackeray.
Oublions même que Dickens et Rowling sont censés s’adresser à cette entité rarement homogène qu’on appelle lespetitzélégrands et qu’ils excellent dans cet improbable grand écart.
Non, ce qui me frappe, ce sont les similitudes dans l’attente de leur public. Même palpitations du coeur, même désir ardent, même ferveur. On dira que d’un siècle à l’autre, le marketing est aussi passé par là. Il n’empêche. En observant la pottermania se déchaîner aujourd’hui en Angleterre (entre autres), le jour même où Amazon.com fête ses dix ans (une coïncidence qui fait sens), je pense aux milliers de lecteurs de Dickens guettant leur grand homme au port de retour de ses grandes tournées en Amérique, s’arrachant les journaux qui publiaient en feuilleton Le magasin d’antiquités et De grandes espérances, échangeant leurs larmes au pub en découvrant le destin de la petite Dorrit et considérant qu’eux-mêmes et leur famille étaiient en deuil le jour de sa mort.
A près tout, Rowling est peut-être la Dickens de notre temps. L’époque a les Dickens qu’elle mérite.

16 juillet 2005 Publié Actualité, La vie littéraire | Lien permanent

 

 

 

 

Par cardineau - Publié dans : cafe-livre
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